Attractivité de la France : un optimisme retrouvé

Après deux ans de crise sanitaire, la 9e édition de l’Indice d’Attractivité de la France démontre un optimisme retrouvé. Cet indice, calculé à partir de 12 critères, atteint cette année 64 points, un score proche de son record de 2020, tandis que l’indice « ressenti » atteint 78 % de perception positive, son meilleur résultat des neuf éditions.

 

Par Gaëlle Picut et Sandrine Weisz

 

Près de 1 000 CCE ont répondu à cette édition en janvier 2022 (800 à l’étranger, 200 en France), réalisée avec le soutien d’Eurogroup Consulting. Pour rappel, l’Indice d’Attractivité du Territoire est une note sur 100, construite à partir de la note attribuée sur douze critères permettant d’évaluer la perception globale, à l’étranger mais aussi en France, de l’attractivité du territoire français.

Cette nouvelle édition de l’indice permet d’observer deux tendances : malgré les difficulté conjoncturelles, la France reste solide sur ses atouts historiques (environnement culturel, qualité de la main-d’oeuvre, qualité de vie, capacités d’innovation et de recherche) et progresse même sur certains critères, habituelle ment en retrait : la fiscalité, les charges administratives, le coût de la main-d’oeuvre. « Les crises conjoncturelles n’ont pas entaché notre Indice d’Attractivité car des réformes positives ont été engagées et sont bien perçues » analyse Gilles Bonnenfant, président d’Eurogroup Consulting et président de la commission Attractivité de la France des CCE.

 

Interrogations sur les enjeux énergétiques

En revanche, on note une nette baisse sur le critère « approvisionnement énergétique et coût de l’énergie » (-5,3 % par rapport à l’an passé), qui souffre des tensions actuelles sur les marchés des matières premières énergétiques. La guerre en Ukraine, survenue après la réalisation de cette étude, risque encore d’accroître fortement la tension observée sur le coût de l’énergie. Ces inquiétudes s’inscrivent également dans un contexte d’importants débats autour de la filière nucléaire.

 

Des réformes fiscales à poursuivre

« Les attentes vis-à-vis de l’exécutif restent fortes, notamment au sujet de la poursuite de la baisse des impôts de production, des mesures d’accompagnement pour une politique industrielle de long terme, du plan de relance en matière de soutien à l’innovation et du maintien du Crédit Impôt Recherche » note Gilles Bonnenfant.

Pour rappel, le produit des impôts de production représente 5,3 % du PIB en France en 2020 contre 0,8 % en Allemagne et 2,4 % en moyenne dans la zone euro. « Il faut prolonger les réformes, par exemple en créant des zones franches d’impôts de production, comme dans d’autres pays européens », estime Gilles Bonnenfant. Cette enquête 2022 souligne également le manque de connaissance de certaines annonces du gouvernement, comme le Plan quantique, dont le caractère relativement technique demanderait davantage de pédagogie à l’attention des investisseurs étrangers. Comme les années passées, le meilleur score de l’indice est obtenu dans la zone Amérique latine & Caraïbes et le moins bon en Asie-Pacifique. Sur un plan global, le critère le mieux noté correspond à l’environnement culturel, et le plus mal noté à la flexibilité du travail et au climat social.

 

Territoires français

Concernant l’attractivité des différents territoires français, les cinq métropoles les plus attractives sont, dans l’ordre : Lyon, Paris, Nice, Bordeaux et Toulouse. « Si on veut valoriser d’autres territoires auprès d’investisseurs étrangers, il est nécessaire de mettre en place un marketing plus ciblé et différencié, analyse Gilles Bonnenfant. Certains territoires, en manque de notoriété à l’international, doivent mieux mettre en avant leurs forces et leurs spécificités et définir le type d’investisseurs qu’ils souhaitent attirer ».

« Nos fondamentaux sont bons et doivent être conservés, conclut Gilles Bonnenfant. Nous devons continuer à travailler sur nos facteurs d’attractivité, avec deux principaux sujets : les impôts de production et la simplification administrative ». Par ailleurs, la forte augmentation des dettes publiques européennes fait craindre une inversion de la tendance fiscale. Rassurer les potentiels investisseurs étrangers sur l’absence de retour en arrière sur les réformes structurelles mises en place depuis des années constitue donc un enjeu fort. Ce rapport permet d’évaluer de manière objective l’attractivité de la France et de proposer aux pouvoirs publics des pistes sur les façons de l’améliorer.