Caisse d’Épargne a été un de nos premiers partenaires bancaires pour accompagner nos projets de séquestration Carbone à l’international
Interview croisée de Philippe Rochet, Associé chez Removall, et Nathalie Ferey, Chargée d’affaires internationales, Synergie Impact et RSE en Caisse d’Epargne Normandie.
Removall évolue sur un marché qui existe depuis 20 ans. En quoi consiste votre activité ?
Philippe Rochet : Removall est un développeur de projets de séquestration de CO2 en base nature (reforestation, plantation de mangroves). Nous développons aussi quelques projets d’évitement de production de CO2 (foyers de cuisson améliorés, accès à l’eau potable). Nous concevons, finançons et déployons des projets à fort impact, principalement en Afrique et en Asie du Sud-Est, en travaillant étroitement avec les communautés locales pour assurer la permanence des projets. Les crédits carbones générés (1 crédit = 1 tonne de CO2 séquestrée ou évitée) par ces projets sont commercialisés auprès de grandes entreprises tout d’abord engagées dans des trajectoires de réduction de leurs émissions, et qui financent ces projets in fine pour aller plus loin et compenser leurs émissions résiduelles.
Pourquoi ce modèle est-il encore difficile à financer ?
Philippe Rochet : C’est un marché peu structuré financièrement qui fait penser aux énergies renouvelables il y a 20 ans. Les projets sont souvent portés par des ONG locales, qui ont des difficultés d’accès aux capitaux et aux clients. Les développeurs intégrés comme Removall ont la volonté de participer à la structuration du marché, avec une approche intégrée qui permet de renforcer la qualité et la compétitivité des projets. Cette activité mobilise des capitaux importants qui doivent s’inscrire dans la durée.
Nous avons d’abord été accompagnés par un family office dédié à l’impact, puis nous sommes en train d’ouvrir nos moyens d’expansion grâce à des institutions internationales de développement et des banques commerciales.
Pourquoi Caisse d’Epargne Normandie ?
Philippe Rochet : tout d’abord la qualité de l’équipe, son enthousiasme lié aux sujets climat, son intérêt à passer du temps à comprendre les modèles économiques, et son sens de l’accompagnent des entrepreneurs. La Caisse d’Epargne Normandie a été une des premières banques à nous accompagner sur des sujets de financement plus complexes à l’international.
Nous avons une relation de confiance réciproque solide avec la Caisse d’Epargne Normandie. Il était d’ailleurs important de travailler avec une banque dont les convictions étaient en phase avec les nôtres.
Comment accompagne-t-on un modèle aussi innovant que celui de Removall ?
Nathalie Ferey : il était nécessaire d’appréhender un modèle international, des contrats de long terme, des flux en devises et un besoin de financement très spécifique.
Nous avons construit une solution sur mesure pour préfinancer le délai entre les investissements réalisés par Removall et le règlement du client final. En parallèle, nous avons déployé des solutions de change, des outils de gestion des devises et des solutions de placement adaptées à une activité largement libellée en dollars.
Nous avons également mobilisé les expertises du groupe BPCE.
Notre accompagnement a permis de répondre aux besoins en lien avec les opérations d’accompagnement à l’international mais également sur les enjeux ESG, décarbonation et Impact.
Philippe Rochet, vous insistez sur la réactivité de Caisse d’Epargne Normandie. Pourquoi ?
Philippe Rochet : Nous avons réalisé récemment une première opération structurée de plusieurs millions d’euros de financement, mise en place en une quinzaine de jours malgré la technicité du dossier, avec des contrats internationaux et des flux en devises. C’est une véritable performance.
Mais ce qui m’a le plus marqué, c’est l’état d’esprit afin de construire une solution adaptée à notre modèle. C’est à ce moment-là que nous avons compris que nous avions trouvé un excellent partenaire.
Qu’est-ce qui fait aujourd’hui la force de ce partenariat ?
Nathalie Ferey : la force réside tout d’abord dans la proximité avec notre client. Cette proximité est dans l’ADN de Caisse d’Epargne : s’engager en local en entretenant et pérennisant le dialogue avec les dirigeants d’entreprises. C’est d’autant plus essentiel car chaque entreprise a des besoins différents.
Philippe Rochet : Au-delà des solutions financières, une relation de confiance s’est installée. Lorsque l’on développe des projets innovants à l’international, on a besoin de partenaires qui comprennent notre métier et savent réagir vite. C’est ce que nous avons trouvé chez Caisse d’Epargne Normandie.
Un dernier mot ?
Philippe Rochet : Le marché du carbone volontaire est en train de se structurer. Car les solutions compétitives pour enlever le CO2 de l’atmosphère ne sont pas nombreuses. Il faut réduire et retirer du CO2, c’est notre conviction profonde. De plus en plus d’acteurs vont rejoindre cette dynamique pour créer un écosystème comme dans les énergies renouvelables. Pour réussir cette transition, les entrepreneurs auront besoin de partenaires financiers fiables, volontaires, visionnaires, capables d’accompagner ces nouveaux modèles.
Au-delà de la qualité technique des solutions apportées, j’ai une conviction forte : Caisse d’Epargne Normandie est une banque avec une vision et un engagement, une banque qui accompagne les entrepreneurs.
